Passions électives

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Le blog d'Arta Seiti


De l’incertitude à la lumière de l’Europe du Sud-est*

Publié par Passions Electives sur 26 Juin 2017, 19:56pm

 Cet article est publié au n° 801 - Juin  2017 - de la Revue Défense Nationale.

Repenser l’Europe du Sud-est comme un espace susceptible de trouver dans l’avenir les ressources de l’apaisement indispensable à son développement, demeure de nos jours une gageure dont on n’aperçoit point l’horizon. Et pour cause, il semble que l’enchevêtrement du présent et du passé inscrit dans la perspective du temps long de l’histoire braudélienne, mobilise des symboles chargés d’intensité et révèle les structures profondément ancrées au sein des sociétés balkaniques et les conflits de lectures toujours figées, mais toujours en suspens. Tel est le contexte présent du mal-être des identités qui parfois s’égarent dans un récit d’appartenance nationale et religieuse comme en un refuge idéalisé, alors qu’un continuum politique cohérent, susceptible de pacifier les passions et les antagonismes latents, fait cruellement défaut.

A cela s’ajoute une stratégie occidentale parsemée d’interrogations quant à la manière dont l’UE et les Etats-Unis ont conçu la structure administrative des états et leur intégration à l’euro-atlantisme. Une telle démarche a incontestablement entraîné une forme de dépendance économique après les années ‘90 caractérisées par la cristallisation de phénomènes d’oligarchie locale et la subordination des choix macro-économiques à la perspective de l’intégration européenne et de la mondialisation. De même, l’élargissement de l’OTAN constitue un facteur de tension (avec la Serbie et la Russie en particulier) qui fait obstacle à la mise en œuvre d’une mobilisation régionale et partagée des états à l’égard des enjeux de sécurité collective, envisagée au-delà du cadre des organisations militaires intergouvernementales existantes.   Il résulte de cette situation pour les peuples un sentiment d’abandon et d’incertitude sur l’avenir de la région tant sur le plan stratégique que social et économique. Toutes les tensions latentes s’en trouvent dangereusement ravivées.

Cette réflexion sur une région considérée ici comme un laboratoire de la complexité universelle a pour ambition de démontrer comment se forgent les représentations et les positionnements stratégiques des acteurs régionaux de l'Europe du Sud- est dans un contexte d'incertitude relatif à la politique étrangère du président américain Donald Trump, après l’élection présidentielle des Etats-Unis. On observera que cette incertitude (certes en voie de dissipation progressive) concernant les nouveaux objectifs de la politique extérieure des Etats-Unis, outre ses effets déstabilisateurs sur les gouvernants locaux, se conjugue à d’autres incertitudes locales et régionales dans un contexte général où les gouvernances parfois fragilisées par des facteurs intérieurs sont le plus souvent subordonnées à un horizon de court terme.

Le concept de l’incertitude que nous allons essayer d’étayer, est perçu -  afin d’éclairer notre approche - dans un premier temps à la lumière de l’anthropologie (1), comme le paradigme d’un processus de connaissance dont il faut bien tirer quelques points clé.  Aussi s’apparente-t-il comme « un exercice…une discipline » essayant de reconstituer « le travail de reconnaissance ».  Convenons que les sociétés balkaniques ont un socle commun culturel et anthropologique que la surenchère des passions identitaires ne peut parvenir à occulter durablement. Ces formations sociales sont caractérisées par une certaine hybridité où se perpétuent traditions et rites, mœurs quotidiennes communes. Pour autant, ces sociétés ne sauraient se voir réduire à une approche essentialiste (2), nonobstant, la prise en compte des liens historiques forgés au sein des deux Empires ottoman et austro-hongrois des Habsbourg.

Mais au-delà des constats, sur un registre stratégique, « reconnaître le caractère obligatoire de l’incertitude n’interdit ni d’en rechercher les causes, ni de vouloir en atténuer les effets » (3). Ici, il s’agit de regarder comment ce concept stratégique d’incertitude s’applique au cas concret de l’Europe du Sud-est, en identifiant les facteurs internes et externes susceptibles d’entraîner une instabilité accrue et périlleuse pour une région dont on sait la vulnérabilité au plan géostratégique, ainsi que pour toute l’Europe.

L’incertitude comme un comportement collectif

 Comment penser le politique ? Comment penser l’économie dans l’Europe du Sud-est ? La nature de ce comportement se conceptualise au tour d’un brouillard. L’origine de ces questionnements eu égard à l’analyse discursive des élites politiques se résumerait entre articulations et mise en tensions dans le sens où le « discours » et « les normes » deviennent la grammaire intrinsèque des sociétés balkaniques. L’on articule, l’on nomme et la tension resurgit. L’exemple de l’exaltation « de l’union des albanais » de la part des élites albanaise et kosovare traduit, avant tout, une fatigue des gouvernances à l’égard de l’UE sans qu’elles puissent mesurer au moment présent, au sens politique, le repli ethnique.  Entre entrelacs de mythes, discours, symboles, postulats ethniques, mémoires éclatées, l’incertitude fragmente, parcellise les identités et les conduit au primat ethnique. Aussi l’horizon politique est-il relié à une identité ambiguë qui s’inscrit entre l’identité collective et l’identité personnelle. Ceci renvoie à la nature précaire de l’Etat dans les Balkans. A cet égard, il n’y a qu’à observer la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Macédoine (ARYM) notamment les tensions vives et les échanges verbaux de différentes élites politiques.

En termes d’incertitudes, une stratification de ce concept, semble se décliner dans l’Europe du Sud-est. Elle est d’abord de l’ordre structurel et concerne tant le passé de cette région que le présent, en raison d’une transition longue et d’une économie soumise aux âpres défis de la crise financière économique. Nous pourrions nous interroger si cette longue transition de la région du sud-est ait pu arriver à créer une maturité économique ? Les règlements institutionnels européens constituent-ils une conversion et une nouvelle formule menée par les peuples ? Quel est le poids des élites européennes et la place de l’oligarchie dans la région de l’Europe du Sud-est ? Quelle légitimation pour les peuples ?

Ce sont des interrogations récurrentes que l’on doit se poser quand nous apercevons le malaise économique et le mécontentement des peuples qui iraient jusqu’ à perdre leur citoyenneté pour travailler en Europe (le cas des Bosniens en est l’illustration vivante) (4). Mais encore, les manifestations estudiantines, en Serbie dont les causes remontent avant l’élection présidentielle serbe. Le sociologue Jovo Bakić souligne : « Je suis étonné qu’ils aient attendu si longtemps. Chaque fois que je parlais avec les étudiants, ces cinq ou dix dernières années, ils manifestaient toujours un grand mécontentement. Je ne suis donc pas étonné, je suis seulement surpris que cela survienne juste après les élections. Cela aurait dû arriver plus tôt, car les raisons de cette colère sont bien plus profondes que ces élections » (5). Dans ce contexte, il conviendrait d’étudier les méandres du désarroi des peuples balkaniques sous un angle socio-économique et observer de près l’impact de la Gouvernance globale dans ces sociétés tout en prenant la mesure des causes et conséquences des crises grecques.

La montée des incertitudes au regard de la présidentielle américaine

Les élections américaines et la victoire de Donald Trump ont entrainé des conséquences quant à la manière notamment dont les gouvernements ont réalisé leurs projections stratégiques. Or à cette incertitude initiale quant à l’ampleur des changements attendus de la politique étrangère des Etats-Unis a succédé un nouvel élément d’incertitude. En effet tout semble indiquer désormais que Donald Trump a renoncé–pour toutes sortes de raisons- au cœur de son projet d’infléchir la politique étrangère de son pays, à l’instar de la décision de procéder aux frappes syriennes.

Ainsi, nous avons observé, non sans étonnement, que Donald Trump, « comme il l’a souvent répété, entend mener une politique étrangère « imprévisible », et le bombardement d’une base du régime syrien a en effet beaucoup surpris les chancelleries » (6). D’ailleurs, l’apaisement des relations avec Moscou paraît fragile, reste aux acteurs stratégiques de réévaluer leurs options et positionnements respectifs, l’incertitude d’hier ayant fait place à celle d’aujourd’hui. Ceci étant posé et avant de questionner les enjeux régionaux, il paraît utile de remettre en perspective cette notion d’incertitude qui constitue le fil rouge de notre approche.  Dans un climat balkanique de doute, les élections américaines ont entraîné des effets centrifuges pour les gouvernances balkaniques. Pour étayer cette approche, nous allons observer deux mouvements vis-à-vis des Balkans : Donald Trump dans la campagne et Donald Trump après la campagne (Trump II). Le changement de pied spectaculaire de la politique extérieure de la Maison Blanche, comme évoqué, s’il a levé certaines incertitudes sur les périmètres réels des changements annoncés par Trump, a ouvert de nouvelles incertitudes quant à l’ampleur de ce renoncement et des conséquences qui en résulteraient dans une région vulnérable et où sont présents d’autres acteurs internationaux, tels que la Russie, Turquie, Chine etc. Alors que le président américain avait prôné le caractère « obsolète » de l’OTAN et ses discours laissait entendre un « non-interventionniste », la perplexité demeurait pour tous les gouvernements balkaniques. Une grande partie des scenarii envisagés par les gouvernants locaux doivent être donc pensés à nouveaux frais. A ces considérations doivent s’ajouter la prise en compte des facteurs spécifiques qui ont trait à l’histoire des Balkans. Face à ce redoublement d’incertitudes, la prudence invite à adopter une approche empirique qui s’efforcerait de décrypter à travers les multiples déclarations comme une ligne en pointillé pour les Balkans. A cet égard le vote du sénat américain en faveur de l’adhésion du Monténégro à l’OTAN marque véritablement une étape allant dans le sens d’une clarification majeure quant à la poursuite de l’élargissement de l’Organisation atlantique, option assumée par le président Trump. Il faut souligner que cette décision d’entérinement datée du 11 avril 2017 (7) s’inscrit pleinement dans le contexte des frappes syriennes du 6 avril 2017.  Cette incertitude au regard d’une imprévisibilité de la politique étrangère américaine passant d’une remise en cause de l’interventionnisme aux frappes syriennes en un tour de main est susceptible d’engendrer une chaîne de réactions, de manière non proportionnée, à l’instar du principe d’entropie.

Les facteurs d’incertitudes spécifiques viennent ici en quelque sorte surajouter un dangereux potentiel de déstabilisation. D'une part, le secrétaire à la Défense des États-Unis, James Mattis, confirme dans un rapport pour le Sénat que les États-Unis protégeront le Kosovo et « l'OTAN y restera aussi longtemps qu'il le faut », souligne -t-on dans les médias albanais. « Le Kosovo est le meilleur exemple pour montrer ce qui se passe lorsque la communauté internationale, dirigée par l'Amérique, s'engage à défendre ses valeurs et ses intérêts » (8). D’autre part, une lettre de sénateurs américains adressée au Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, où l’on demande à enquêter sur l'ingérence de la Fondation Soros dans la scène politique de la Macédoine (ARYM) et de l’Albanie évoquant ainsi une « région volatile », fait couler beaucoup d’encre dans les Balkans. En outre, le sénateur américain, John McCain, dans sa tournée politique dans les Balkans martèle « la nécessité du leadership américain" dans la région face à « l’influence russe »."Il y a beaucoup d'incertitude là-bas », souligne le sénateur, qui évoque la guerre sanglante du passé   et les « tensions qui montent dans la région ». (9) Aussi, les leaders balkaniques tirent des avantages de ces déclarations et chacun fait appel à des arguments qui vont déplacer le débat politique sur un champ où il peut être avantagé.

Une région où la multiplication des incertitudes peut entraîner désordre et instabilité

Quand les aléas conjoncturels prennent le pas sur les incertitudes structurelles demeurant en arrière-plan, en raison d’un mouvement imprévu comme celui de l’effet de « Trump II », on navigue en pleine asymétrie dans la mesure où chaque déclaration, non-dit voire question liée à l’OTAN qui divisent les Occidentaux et la Russie, deviennent un phénomène déstabilisateur pour les états balkaniques. Dans ce contexte, les embrasements rhétoriques des élites politiques ne manquent pas de faire retour au moment même où le processus d’adhésion à l’UE pourrait venir à s’enliser, à la faveur des crises politiques observées. Il existe au sein de la population un désenchantement profond à l’égard des partis politiques traditionnels et un désir de changement et d’idées nouvelles.  Aussi cette scène politique volatile se trouve- t-elle devant un échiquier politique éclaté (les contextes politiques en Macédoine (ARYM) et au Kosovo sont révélateurs) qui condamne la société à se recroqueviller dans une logique ethnique (10) dès lors que cette logique s’approprie à un territoire.

Au moment où nous   écrivons ces lignes, l’incertitude demeure quant à la résolution des crises internes qui affectent ces nations au risque de les voir se transformer en un chaos profond et difficile à maîtriser. Le triste exemple des violentes exactions commises dans l’enceinte du parlement de l’ARYM le 27 avril 2017 témoigne douloureusement de l’impasse aiguë quasi-systémique à laquelle ce pays semble voué, alors que l’enjeu interethnique ne cesse d’être invoqué au-delà du résultat des dernières élections législatives du 11 décembre 2016. La   place que tend à occuper la longévité de gouvernance ainsi que la cause albanaise, la tonalité qu’elles introduisent dans le conflit en Macédoine (ARYM) ainsi que dans d’autres incidents régionaux comme en Serbie, Kosovo, Albanie démontrent que la question des identités et notamment celle des identités collectives demeure une source de clivages profonds orientés vers la revendication d’une appartenance ethnique en lien avec une langue commune.  Rien d’étonnant à ce que l’enjeu d’une nation commune en l’occurrence le pan-albanisme ressurgisse avec une grande acuité à chaque fois que l’on en appelle à « l’union de l’Albanie et du Kosovo » en cas d’échec de l’adhésion à l’UE. L’exaltation suscitée par le discours des élites politiques en lien avec la question de leurs pays voisins mettent en échec les stratégies   de l’UE visant à la stabilité et la multiethnicité des états.  L’on voit d’ailleurs que les tensions montent dangereusement vers leur point de paroxysme et que les divisions ethniques se dessinent en Republika Srpska (République serbe de Bosnie), en Macédoine (ARYM) et au Kosovo. L’on pourrait pousser ici notre analyse et constater que l’incertitude engendre l’incertitude et par extension le désordre, si l’on ne parvient pas à faire prévaloir les lois de la raison…

Ainsi arrive-t-on à un imbroglio politique d’une telle envergure où la part d’incertitudes relative aux comportements d’anciens et nouveaux alliés internationaux entre en résonnance avec la fragilité des états confrontés à l’émigration massive d’une main d’œuvre peu coûteuse vers l’Allemagne et en proie à des réelles difficultés économiques aggravées par les pratiques affairistes et la corruption.  S’ajoute à ce tableau, un phénomène nouveau dans les Balkans visant à questionner et à remettre en cause le rôle des ONG appartenant à la nébuleuse reliée à la Fondation Soros (11), à l’instar notamment du gouvernement de l’ARYM, mais également plus récemment par le leader de l’opposition albanaise dénonçant une tentative de déstabilisation et la circulation de fonds douteux. A l’évidence, cette suspicion, s’inscrit dans un climat d’exaspération plus général exprimé à l’égard des phénomènes d’oligarchie et de corruption massive qui affectent à des degrés différents les états balkaniques.

La question de la sécurité et l’angle militaire crée l’incertitude et entretient la menace comme une perpétuelle épée de Damoclès suspendue au-dessus de la région.  Les tensions entre les Etats-Unis et la Russie après les frappes américaines en Syrie sont loin d’être terminées avec le vote du parlement monténégrin pour l’adhésion du Monténégro à l’OTAN.

 Du point de vue stratégique, il est indispensable de veiller au maintien d’une entente entre tous les acteurs internationaux. Si l’enjeu de la stabilité dans les Balkans constituait un objectif partagé, il aurait fallu orienter ce petit État de 622 000 habitants, devenu indépendant en 2006, vers une production économique locale, le renforcement de l’État de droit, la lutte contre les dérives mafieuses et la corruption. Malgré les divisions et le boycott de l’opposition au parlement monténégrin, l’adhésion du Monténégro à l’OTAN résulterait d’un pourrissement de la situation et de nouvelles tensions entre la Russie et l’Union européenne ainsi qu’avec l’OTAN. Cela pourrait raviver des tensions par le biais de la Serbie qui a signé un accord de partenariat stratégique avec la Russie et se réarme (12).

 

Pour conclure et de manière non exhaustive, convenons que l’incertitude devient aussi l’un des paramètres décisifs quant à la manière de penser et d’élaborer la stratégie (Etats-Unis, Russie, Turquie, Chine) sur un terrain de jeu aussi fécond que celui des Balkans. Il s’agit en effet, d’un véritable cas d’école où se superposent des facteurs régionaux et extra-régionaux d’incertitude qui aboutissent à un condensé de la somme des incertitudes : nation, région et au-delà. Les incertitudes participent des contraintes auxquelles la pensée humaine doit se plier pour déterminer les conditions de son action, non pour l’édulcorer mais pour la rendre possible. Or, il échoit au politique (entendu au sens noble) de faire bon usage de ces incertitudes, non pour prétendre conjurer l’aléatoire mais pour fixer aux politiques publiques un cap solide. Hélas, l’Europe du Sud-est demeurera dans la période qui vient, l’une des plaques sensibles où continuera de se condenser l’ensemble de ces incertitudes.

* Avec l'aimable autorisation de la Revue Défense Nationale

 

BIbliographie :

 (1) Jean-Michel Berthelot, Les vertus de l’incertitude : Le travail de l'analyse dans les sciences sociales, Paris, PUF, 1996.

 (2) Arta Seiti, « Les Balkans entre holisme et individualisme », Tribune N°460, Revue Défense Nationale, 2014.

(3) Général Vincent Desportes, Décider dans l'incertitude, Economica, 2007.

(4)  Dérens. J-A., Geslin. L., « Comment les Balkans se vident de leur population », Le Temps, 15 mars 2017, https://www.letemps.ch/monde/2017/03/15/balkans-se-vident-population

(5) Lire l’interview du sociologue serbe Jovo Bakić dans le portail francophone Courrier des Balkans, https://www.courrierdesbalkans.fr/La-revolution-vient-de-la-gauche

(6)  Michael Klare, « Donald Trump s’épanouit en chef de guerre », https://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/KLARE/57462, Le Monde diplomatique, mai 2017.

 

(7) « Trump signs protocol on Montenegro's accession to NATO », B 92, 11avril 2017

 http://www.b92.net/eng/news/world.php?yyyy=2017&mm=04&dd=11&nav_id=100989

(8) « US stratégie for Kosovo will not change », http://m.top-channel.tv/lajme/english/artikull.php?id=19055, Top channel TV Albania, 28 janvier 2017.

(9) « US and Europe need to step up in Balkans », http://www.politico.eu/article/us-europe-need-to-step-up-in-balkans-senator-john-mccain-says-kosovo-bosnia-albania-serbia-nato/ », Politico, 27 avril 2017

(10) Jean-François Gossiaux, André Bourgeot« Ethnicité et pouvoirs », https://annuaire-ehess.org/15784

(11) « New 'Stop Soros' Movement Unveiled in Macedonia », BalkanInsight,

http://www.balkaninsight.com/en/article/macedonia-forms-anti-soros-movement-01-18-2017

(12) Vucic: Serbia wants S-300,

 https://inserbia.info/today/2017/03/vucic-serbia-wants-s-300/, InSerbia, 27 mars 2017

 

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