Publié par Passions Electives

Message adressé aux Balkaniques :

On est loin des « comités de vérité et de réconciliation » des années ’90, dans les situations post-conflit, comme en Afrique du Sud, quand on parle des Balkans occidentaux.

On est loin de l'époque de Tito, malgré la yougonostalgie ; on est loin de Milosevic.

Il est bien question d’une vérité ou bien d’une médiation sur la vérité, bien qu’elle soit d’une extrême complexité.

Une altérité conflictuelle se dessine de nouveau dans cette zone, une criminalisation d’un passé, qui nous amène à l’aporie.

Alors qu’une faible lumière se propageait, enfin, dans cette région, alors que l’impasse ethnique se traduisait par une reconnaissance - par le biais de gestes publics (Srebrenica, Vukovar) - , au profit de l’avenir d’une région, tant ethnicisée, les projets économiques, tels que l’Accord de Stabilisation et d’Association (ASA), le processus de libéralisation des visas , semblaient avoir changé la face « des victimisations »…

Mais hélas, on est dix ans en arrière ! Les éditoriaux de la presse balkanique le démontrent !

Malgré l’enlisement et le véritable manque d'un projet politique et cohérent de l’UE au regard des Balkans occidentaux, on était arrivé pourtant, à « une stabilité », bien que la criminalité et l'économie de pénurie l’emportent.

Quelle lecture faire, alors, à cette mémoire qui ne pourrait être, pour l’instant, le fruit des acteurs locaux ?

A travers une « juste mémoire », établie par une enquête judiciaire, certes, au-delà des haines qui ressurgissent.

Mais encore, comment articuler une mise en récit de l’histoire ?

Quel intérêt de porter une identité narrative, intemporelle, à la veille des négociations serbo-kosovares ?

Lorsque « le pardon » est impossible et » l’oubli » dangereux, au nom d’une vérité, il faudrait s’interdire de se comporter "en victime », afin de ne point établir des rapports de " vainqueur" et de " vaincu".

Au lieu de reprendre politiquement une mémoire, au lieu de la fragmenter par « le politique » et "l'idéologie", il faudrait mieux la désarmer.

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