Publié par Passions Electives

La presse balkanique évoque ces dernières semaines une coopération intergouvernementale à vocation régionale, proposée par le Ministre des affaires étrangères du Monténégro, dans la perspective d’unecoalition de six états, située dans l'aire des Balkans occidentaux et soutenue par l'Union européenne. Il ne semble pas que cette démarche -qui à notre connaissance n'est pas fondée sur un traité engageant officiellement les parties- réponde aux exigences d’une coopération régionale équilibrée.

Cette initiative n'est pas sans rappeler celle dite du V4-le groupe de Visegrad dans les années 90- et notamment les anciens états du bloc soviétique (Hongrie, République tchèque, Pologne, Slovaquie). Ce groupe qui a perdu de sa force d’entrainement a joué cependant un rôle de levier quant à l'intégration de ces pays en attendant leur adhésion à l’UE et à l’OTAN. Dans le cas d’un hypothétique G6 (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine(ARYM), Monténégro, Kosovo et Serbie) l’idée, souligne-t-on, consisterait à rassembler des pays non membres de l’UE. Ce projet prétend mettre en place des institutions communes, telles qu’une Assemblée, un marché économique, un système de formation et d'éducation ainsi qu’une coopération dans de nombreux autres domaines, y compris dans la lutte contre la corruption et le crime organisé.

Une initiative partielle de coopération entre certains états, dédiée notamment à la sécurité régionale pourrait certes constituer une avancée positive. Cependant, force est de constater que cette singulière initiative monténégrine ne rassemble pas tous les acteurs régionaux et ne satisfait pas aux exigences d'équilibre d'une véritable approche régionale. En matière de marché commun, pourquoi à cet égard ignorer l'existence d'autres pays comme la Grèce, la Croatie, la Slovénie, pourtant décisifs dans les échanges d'importation vis-à-vis de ces pays ?

Pour intéressante que soit cette initiative, reste à en clarifier sans arrière-pensées et sans non dits, les enjeux géopolitiques et stratégiques qui pourraient constituer un facteur de division dommageable au regard des exigences d’une véritable coopération régionale. Ces considérations nous conduisent à pointer les insuffisances d’une démarche qui, si elle emprunte beaucoup à la méthode de l’UE, peine néanmoins à tracer un cadre adapté aux besoins réels de stabilité et de développement de cette région.

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